The Proposition: sang séché et chaudes larmes

The Proposition – John Hillcoat – Australie/Royaume-Uni – 2005

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Dans l’arrière-pays australien, à la fin du XIXe siècle, deux hommes situés aux deux extrémités de la loi passent un marché secret et décisif…Le Capitaine Stanley s’est juré de « civiliser » le pays sauvage australien. Ses hommes ont capturé deux des quatre frères du gang Burns : Charlie et Mike. Les bandits ont été jugés responsables de l’attaque de la ferme Hopkins et de l’assassinat de toute une famille. Arthur, le plus âgé des frères Burns et chef du gang, s’est réfugié dans la montagne. Le Capitaine Stanley propose alors un marché à Charlie : retrouver son frère aîné en échange de son pardon, et de la vie sauve pour le jeune Mike. Charlie n’a que neuf jours pour s’exécuter…

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Malgré l’envie féroce qu’a John Hillcoat de vouloir tourner un western dans l’Outback australien, les pages du scénario peinent à se multiplier. C’est donc avec l’aide précieuse de son compatriote Nick Cave que va naître The Proposition, ballade mystique sur les terres arides des aborigènes. Les talents de conteur du musicien vont lui permettre de modeler une galerie de personnages loin des archétypes du genre, détenteurs d’un code de justice bien particulier. Trimbalés par une chaleur torride dans tout l’arrière pays, les acteurs vont souffrir pour investir leurs rôles et donner le meilleur d’eux même. Et ce sont justement ces prestations, au bord de la fatigue et de la folie, qui rendent le film si brutal et si intense dans son visionnage. Car leurs visages émaciés par le soleil et leurs looks de hobos déguenillés vont de pair avec la bestialité dont ils font preuve.

The Proposition Ray

Le caractère sauvage des personnages appellent à de la neutralité voire de la bienveillance pour rétablir l’équilibre de la ballade que nous conte Hillcoat (et Cave plus particulièrement). Mais c’est fait sans aucun manichéisme et chaque parti est capable du pire comme du meilleur. Cependant, les personnages sont tous plus ou moins coupable de quelque chose et c’est dans cette absence d’innocence (le benjamin des frères Burns peut être ?) que va naître la déception de voir un film qui cherche encore à être moralisateur ou porteur d’une conscience liée au pays (le sang versé des deux côtés, les aborigènes étant souvent des boucliers humains entre les deux parties). Ajouté à des questionnements philosophiques sur le pourquoi de cette sauvagerie et le comment de la rédemption, The Proposition cherche à adopter une posture de western à la fois contemplatif et inouï. Et si on peut saluer la qualité de la mise en scène et de la photographie (le cadrage se fait au millimètre), on regrettera tout de même cette tendance mégalo qu’à Cave de se prendre pour un artiste complet.

The Proposition paysage

Le film est à la fois une proposition de repentir de la part de deux natifs mais également une volonté de renouer avec la chair du western, qui trouve sa force dans la qualité des protagonistes et non pas de l’histoire, celle-ci étant basique ici. Ce sont ces gueules cassés, ces bêtes traquées qui portent le film et ce sont leurs destins funestes que l’on veut suivre. John Hillcoat a bien compris ce contrat intrinsèque au scénario de son ami et délivre un message puissant bien qu’un peu trop mystique.

7/10

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