La nurse: elle gardera votre enfant pour l’éternité

La nurse – William Friedkin – Etats-Unis – 1990

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Après avoir mis au monde leur bébé, Phil et Kate forment un couple heureux avec beaucoup d’ambition. Un jour, ils décident d’engager une nourrice. Après plusieurs échecs, ils font connaissance de Camilla, une jeune femme charmante et douée; le jeune couple est séduit par son savoir-faire. Mais derrière ses compétences se cache un être démoniaque qui cache un terrible secret, le doute s’installe chez les jeunes parents et le cauchemar peut commencer.

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 Alors qu’il sort d’une période où les chefs d’œuvres qu’il enchaîne ne connaissent pas le succès escompté, William Friedkin décide de se rabattre sur ce qui a fait sa gloire d’antan au box office: l’adaptation d’un roman horrifique. Près de 20 ans après la sortie de L’exorciste, il s’empare d’un livre traitant de manière moins frontale la religion, celle-ci étant de l’ordre de la croyance ancestrale (l’encart de l’introduction nous parle des druides). Mais la force de son film culte venait principalement de cet aspect semi documentaire, de cette patine réaliste, qui rendaient oppressantes et horribles les scènes confrontant le prêtre à Regan. Ici, le côté religieux est traité par dessus la jambe pour offrir un thriller flirtant entre l’érotisme des Hollywood Nights et l’horreur des films à petits budgets pullulant à cette époque.

La nurse famille

Pourtant entouré d’une équipe relativement solide (John A. Alonzo, directeur photo de Scarface et Chinatown entre autre), La nurse ne parvient jamais à sortir de son esthétique kitsch avec ses teintes bleutées omniprésentes et ses décors réduits au strict minimum. On ressent derrière tout ça une économie de moyens et la volonté de coller à un standard de production qui semble attirer le public en salles. De plus, le casting provenant principalement de la télévision (hormis Carey Lowell, jeune James Bond girl) ne transpire pas le charisme, rendant pathétiques les situations les plus dramatiques ou intenses. Mais je me refuse à dénigrer ce film car cela reviendrait à renier le plaisir offert par le cabotinage de Dwier Brown imitant sans vergogne Evil Dead et le personnage de Ash dans sa dernière demie heure. Ou de mentir en supposant que la plastique parfaite de Jenny Seagrove ne m’a fait aucun effet.

La nurse bébé

De plus, même s’il ne brille pas par sa qualité plastique et esthétique, La nurse possède quelques éclairs de génie en terme de montage et de plans (les bébés incrustés dans l’arbre, les vues subjectives) ainsi que des scènes au potentiel énorme (l’attaque des loups, le final) qui rendent la séance sympathique et nous empêche de s’ennuyer. On est tout de même très loin de se rendre compte du talent de Friedkin avec ce film qui ne l’aidera pas à remonter la pente (il récidivera dans la même veine du thriller érotique avec Jade) mais on passe un agréable moment qui nous rappelle que même les plus grands peuvent faire un faux pas.

5/10

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