New York 1997: Call me Snake !

New York 1997 – John Carpenter – Etats-Unis – 1981

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En 1997, Manhattan est devenu une immense île-prison ou trois millions de détenus sont organisés en bandes rivales. A la suite d’un attentat, l’avion du Président des Etats-Unis se crashe dans le pénitencier. Le chargé de sécurité Bob Hauk décide d’envoyer un prisonnier pour le récupérer. 

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Scandalisé par l’affaire du Watergate, John Carpenter rédige le script de New York 1997 sous l’impulsion du moment. Jugé trop violent et trop cinglant par les studios qu’il approche, il le rangera en attendant patiemment son heure. Ça n’est qu’après avoir acquis de l’expérience et de la notoriété au cinéma qu’il ressortira du tiroir son scénario. La Avco Embassy, alors prête à tout pour garder son poulain, lui laisse carte blanche. Mais lorsque le caractère très gauchiste du cinéaste fait montre de canaliser l’essentiel de l’histoire en transformant New York, puissant symbole des Etats-Unis, en chaos généralisé, le studio cherche à lisser certains passages et personnages jugés trop anarchistes. Mais Big John tint bon et parvint même à recruter Kurt Russell, tout droit sorti des studios Disney mais avec lesquels il aimerait casser son image doucereuse. Snake Plissken, anti-héros par excellence, est le tremplin parfait pour l’acteur qui voit dans ce personnage, l’occasion inespérée de faire ses gammes dans un cinéma autre que familial.

New York 1997 président

Ecrit à quatre mains avec son fidèle collaborateur Nick Castle (qui a joué dans Darkstar et Halloween), New York 1997 est une dystopie dans la plus pure tradition du genre, ces dernières ayant le chic de modeler l’histoire pour la rendre plus catastrophique (l’inverse serait ennuyeux). Basé sur un souvenir d’un roman de science-fiction, le pitch ultra efficace est l’occasion de revoir le cinéaste s’occuper d’un film à fort potentiel atmosphérique et au budget faible. C’est dans ses conditions idéales de tournage pour sa force de proposition légendaire qu’il puise l’inspiration et livre son oeuvre la plus politique jusqu’alors. Traitant frontalement de l’individualisme américain et de la bassesse du gouvernement, le film fait frémir les producteurs qui espère de bonnes retombées financières.

New York 1997 chaise

Antimilitariste au possible, Snake Plissken devient le porte-étendard accentuant le culte gravitant autour du film. Pour toute une génération de cinéphiles, l’homme au bandeau est une véritable icône désenchantée. Sans cesse réactualisé depuis sa sortie (Hideo Kojima ne se cache pas du plagiat, Luc Besson produira des films au sous-texte similaires), New York 1997 ancre définitivement John Carpenter dans la légende, faisant de lui le maître incontesté de l’horreur, qu’elle soit civile ou non. Car dans ce film, c’est chez tout un chacun qu’elle se niche. Et bien qu’il accepte le contrat, c’est par pur intérêt personnel et non par patriotisme. N’hésitant pas à tuer ceux qui lui barrent le chemin, Snake se veut tel un bulldozer sans conscience, écrasant ses adversaires sans remords et utilisant ses alliés pour avancer: la machine de guerre américaine parfaite personnifiée.

New York 1997 Brain

Vibrant hommage au lonesome cowboy souvent mis en valeur chez Sergio Leone (Carpenter reprendra même Lee Van Cleef pour appuyer l’hommage), ce western urbain dépasse Assaut par son ambition démesurée et sa faculté à transformer une vulgaire série B de prime abord en blockbuster d’anticipation crépusculaire, aidé en partie par un Scope et une brochette d’acteurs succulente (Van Cleef, Borgnine, Pleasance, Barbeau,…). Si New York 1997 reste autant en mémoire plus de 30 ans plus tard, c’est aussi grâce à l’intemporalité des thèmes traités et le génie visionnaire du scénario au sens le plus cynique du terme (l’avion présidentiel détourné s’écrasant près du World Trade Center).

New York 1997 chinois

Même si certains effets et quelques situations paraissent kitsch, cet aspect est largement dissimulé par la qualité de la mise en scène, le thème principal, la puissance du personnage principal et la portée symbolique du message pour toute une génération de cinéphiles. Digne héritier des plus grandes figures du western américain, Snake Plissken n’a pas fini de faire rêver spectateurs, jeunes auteurs et révolutionnaires.

9/10

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