Zulu: le choc des cultures

Zulu – Jérôme Salle – France – 2013

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Ali Neuman, un officier de police noir de la police du Cap, travaille avec son partenaire blanc Epkeen et sa jeune recrue Fletcher sur un massacre dû à une nouvelle drogue.

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Fort d’une double expérience d’adaptation et d’une volonté inébranlable de transcender le cinéma hexagonal pour le rapprocher du blockbuster américain, Jérôme Salle poursuit son dynamitage en règle du bourbier français dans lequel s’engouffre chaque mois des dizaines de productions et s’envole en Afrique du Sud, le roman Zulu de Caryl Ferey en poche. Écrivain globe-trotter, ce dernier est à l’origine d’une trilogie de polars ethniques très réussis, où justice rime souvent avec violence et sacrifice. Prestigieux, le roman paru en 2008 a accumulé les récompenses et les propositions d’achats pour les droits cinématographiques. Richard Grandpierre fut le premier à se proposer et à remporter le fameux sésame, passe-droit qui lui permettra de confier la réalisation à Salle et de conserver un regard purement francophone sur le roman.

Zulu plage

Cependant, malgré ce désir chauvin d’adapter une belle réussite de la littérature française contemporaine, Jérôme Salle s’est entouré d’une équipe de tournage majoritairement sud-africaine. Choix artistiques et casting ont donc découlés tout naturellement sur une représentation ultra réaliste de Cape Town et ses townships (dont le fameux ghetto Cape Flats) et d’une toile de fond jonglant entre écho de l’apartheid et difficulté de cohabitation entre Blancs et Noirs. Bien que les rôles titres soient issus des Etats-Unis, Forest Whitaker et Orlando Bloom ont tous deux une profonde tendresse pour ce pays et son histoire. Sanglante dans ses pires heures, Zulu choisit de débuter par plan horriblement nihiliste, raciste et violent. Cette note sombre retentira durant tout le reste du film et se répercutera de temps à autre dans des scènes à la portée semblable (la scène de la plage, la séquestration,…)

Zulu prostituée

De fait, on pourrait croire que l’Afrique du Sud est un pays à rayer de la liste des futures destinations de voyage. Mais ce besoin d’ancrer l’histoire dans une teinte aussi noire que possible vient du polar originel et plus particulièrement de cette fameuse trilogie de Ferey, dont Haka est peut être le plus dur en termes d’images. Mais tout n’est pas rose dans cette adaptation respectant à la lettre son matériau d’origine: Salle se regarde trop filmer et part dans des instants de contemplation qui dénote complètement avec le rythme qu’il cherche à donner à son film. Seule la scène finale, mutique et bouleversante, peut se permettre ce genre de créativité visuelle car elle renvoie les deux couleurs de peau face à face, dans un théâtre naturel inviolé et dans une confrontation où l’homme retrouve sa part animale.

Zulu Orlando

Bien que l’enquête soit le fil directeur de Zulu, on ne s’attache aux personnage que par leurs actes personnels et familiaux, beaucoup plus sincère et laissant plus de prises avec l’identification aux personnages. Le mélange des deux, lorsque l’enquête rattrape la vie privée, n’a donc pas la saveur attendue, même si ces scènes permettent à Whitaker d’exprimer un jeu puissant dans l’émotion et à Bloom de faire preuve d’un charisme jusque là invisible (hormis dans Kingdom of Heaven). L’autre point positif, c’est de voir que la France peut être autant à l’aise dans le blockbuster que ses concurrents américains, trop bien rodés dans l’exercice.

7,5/10

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