Starman: waiting in the sky !

Starman – John Carpenter – Etats-Unis – 1984

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Échoué sur la planète Terre, un extra-terrestre prend l’apparence du défunt mari de Jenny Hayden et l’oblige à l’accompagner jusqu’au Meteor Crater, lieu où ses congénères doivent le récupérer. D’abord réticente, Jenny Hayden va progressivement finir par s’attacher à cet homme venu des étoiles.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Conscient de devoir faire preuve d’humilité pour son prochain film, John Carpenter enchaîna le tournage de Starman à la suite de Christine. Columbia Pictures décida de lui faire confiance, tout en gardant un œil sur sa manière de travailler l’aspect familial d’une invasion extraterrestre (l’accueil public de The Thing en a refroidi plus d’un). Mettant de l’eau dans son vin, il décide de faire fi de la figure monstrueuse et se concentre sur l’aspect humain d’une telle rencontre avec l’inconnu, plus particulièrement lorsque celui ci prend la forme d’un être cher pour mieux vous manipuler. Malgré ses atours de film romantique, Starman dresse le portrait d’une Amérique reaganienne au fil des kilomètres avalés par ce road-movie mélancolique.

Starman début
Starman voit plus loin que le film de Spielberg, à savoir qu’il ne se cantonne pas à montrer un quartier tout en prétextant que ce microcosme s’applique à la Terre entière. C’est une virée sauvage à travers les Etats-Unis, avec son lot d’imprévus, de gueules cassés et de destins brisés. Carpenter est un Kerouac interplanétaire qui fermera la marche de la conquête de l’Ouest. Car c’est bien vers l’Ouest que le couple se dirige inlassablement, malgré les difficultés qu’ils rencontreront et les rencontres qu’il feront: rednecks pervers, flicards nourris aux westerns, personnages désabusés. La galerie typique du Far West où le voyageur solitaire et mystérieux fait son apprentissage du monde grâce à de l’auto stop.

Starman Mustang
Jeff Bridges impressionne par son jeu tout en mimiques, en grimaces et en démarche saccadée. Son comportement autiste qui le distingue d’un véritable Terrien rend sa prestation d’autant plus difficile que tout passe par l’émotion. Et sa capacité, au fur et à mesure que l’histoire avance et que son acclimatation se fait, à pouvoir adopter des postures et des gestes de Terrien natif le rendent d’autant plus attachant. On est à mille lieues de The Thing, comme si Carpenter renier le travail effectué auparavant. Mais il s’agit davantage d’une manœuvre carriériste afin de pouvoir retrouver la confiance des studios plutôt qu’un véritable choix artistique et personnel. En effet, avant d’être un film de science-fiction, c’est une histoire d’amour entre une femme seule qui redécouvre l’amour en accompagnant le clone de son mari défunt vers un nouveau départ. Une tragédie romantique qui est lourde de sens et qui prend une proportion dramatique exceptionnelle par l’incursion du fantastique (comme c’était déjà le cas dans Christine).

Starman pickup
Rebelle, le film l’est tout tout de même à certains moments. Antimilitariste, anticapitaliste (le passage à Vegas en est un bel exemple), il met en exergue les thèmes régulièrement abordés par le cinéaste, toutes proportions gardées. La musique rappelle les partitions des meilleurs David Lynch, toute en lyrisme et en minimalisme, bien que l’économie de notes chère à Carpenter manque cruellement. A la fois puissant, évocateur et enchanteur, Starman reste une curiosité touchante, montrant que Big John est capable de réaliser un film autre que ceux auxquels il nous a habitué jusqu’alors, respectant ainsi un cahier des charges bien défini. Une manière de montrer patte blanche et de s’excuser de ses choix dangereux pour l’avenir des capitaux qui le soutiennent.

7,5/10

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s