Dredd: la loi, c’est moi !

Dredd – Pete Travis – Etats-Unis – 2013

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Dans un avenir proche, les Etats-Unis ne sont plus qu’un immense désert irradié. Mega City One est une métropole tentaculaire rongée par le vice. La seule forme d’autorité restante est représentée par les juges, une police urbaine qui cumule toutes les fonctions : flic, juge et bourreau. Une nouvelle drogue se propage, la Slo-Mo, qui permet de percevoir la réalité au ralenti. Sa distribution est contrôlée par Ma-Ma, ancienne prostituée, devenue baronne de la drogue. Dredd, le juge ultime, va se voir assigner une mission dans les environs de la tour de Ma-Ma et va devoir s’y confronter.

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Fana inconditionnel du comic book originel, Alex Garland fit la moue devant la première adaptation de Judge Dredd sur grand écran. Porté par les épaules d’un Stallone en pleine apogée, le juge avait la carrure et la tessiture du personnage imaginé par Wagner et Ezquerra. Mais la volonté de proposer un monde trop vaste et d’ôter le casque de Dredd (il ne l’enlève jamais dans les comics) afin d’asseoir la popularité de l’acteur fut pour beaucoup dans la mauvaise réception du film auprès du public et des critiques. Il faudra attendre près de 20 ans et de multiples écritures de scénarios afin de revoir le justicier casqué pointer le bout de son nez au cinéma (en DTV plus exactement).

Dredd headshot

Et le résultat est en demie teinte. Si le film de Travis propose un univers nihiliste et violent, proche de celui que l’on peut retrouver dans le film de Cannon, il reste énormément de suggestion, laissant ainsi la place à une auto censure qui, même si elle se permet de fermer les yeux à certains moments (les headshots ralentis à 4000 images par seconde), n’hésite pas à arborer le drapeau blanc du tout public par ses jolies fioritures et ses effets spéciaux d’un goût douteux. Si la 3D et le ralenti font souvent bon ménage, ce dernier ne sert strictement à rien sur une télé inappropriée, ce qui restreint d’autant plus l’effet que le film sort directement en DVD. De plus, l’idée de la drogue Slo-Mo (simple contraction de Slow Motion) étant désuète de par le virage du huis-clos emprunté par le scénariste, on se retrouve devant un étalage d’artifices qui essayent de faire passer la pilule de la sensation de déjà vu.

Dredd ville

Visuellement, Mega City One ressemble fortement à une immense toile d’araignée d’où s’élèverait des buildings autosuffisants. La déception est donc grande de voir que Garland préfère enfermer ses personnages plutôt que de s’orienter vers une direction qui emprunterait davantage au polar et à ses ruelles sordides. Calque volontaire de la ville du Cap où le tournage a eu lieu, elle ne s’expose au regard que dans une introduction cherchant à iconiser le juge Dredd avec beaucoup de mal. L’affubler d’un acolyte féminin sorti tout droit d’un Marvel n’était pas la meilleure idée du siècle non plus. Si Dredd s’en sort, c’est grâce à son parti pris de se concentrer sur ses deux seuls personnages, quitte à les mettre souvent en difficulté afin d’alimenter le côté buddy movie du film.

Dredd Karl

Malheureusement, Karl Urban n’a pas le charisme de Stallone et ne réduit son personnage de héros taciturne qu’à un sourire inversé figé dans le marbre et une économie de répliques, certaines cherchant vainement à ressembler à des punchlines. Mais il y a de l’idée, de la générosité et un certain savoir-faire dans l’action qui évite au film de se décrédibiliser. A voir maintenant si Garland décide de se diriger sur une trilogie ou non…

6/10

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