Nos funérailles: priez pour nous, pauvres pêcheurs…

Nos funérailles – Abel Ferrara – Etats-Unis – 1996

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La famille Tempio est réunie autour du cercueil de Johnny, vingt-deux ans, abattu dans la rue. Il y a Ray, l’aîné des frères Tempio, qui fait exploser sa rage; Chez, incapable de se couler dans le rôle de mafioso qu’on attend de lui. Peu à peu, les souvenirs remontent jusqu’au moment où Ray prend la décision de s’attaquer à Spoglia, le boss de la famille rivale, qui a causé la mort de Johnny, mettant en mouvement toute la séquence d’évènements qui verront la fin de la famille Tempio.

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Par son refus des conventions, Abel Ferrara a souvent été relégué comme le Scorsese du pauvre, les deux cinéastes ayant la même attirance pour les personnages en perdition. Mais la force de Ferrara, c’est de n’avoir jamais cédé aux sirènes des gros studios, s’assurant ainsi la pérennité des versions définitives de ces films. Car il traite de New York comme d’une ville si sombre et cannibale, corrompue jusqu’à la moelle, que sa vision artistique ne plaît pas au plus grand nombre. Dans The Funeral, il en est toujours question, même si un passage obligé vers ses illustres contemporains se fait sentir.

Nos funérailles cercueil

Mais même s’il emprunte à Scorsese ou Coppola pour le réalisme des années 30, on arrive à sentir que c’est avant tout par obligation pour l’identification que par réelle volonté de coller à l’univers de ses pairs. Ce qui le force donc à filmer uniquement en intérieur toujours peu éclairé afin d’être le plus avare en décors et déguisements. Cette impression de fainéantise se ressent tout au long du film, infectant même les acteurs qui ont du mal à faire autre chose que cabotiner comme des clichés ambulants d’Italo-Américains (Christopher Walken n’a jamais été aussi fade). Seules les femmes, véritables piliers de la communauté, se montreront fortes face à cette épreuve, rendant le film plus féministe qu’il n’y paraît.

Nos funérailles veuve

Drame intimiste aux accents shakespeariens, Ferrara s’empêtre d’une fratrie irritante, perdant le fil de son récit vengeur dans des couloirs de flashbacks montés à la volée. S’il gratte parfaitement le vernis qu’ont appliqués les autres réalisateurs avant lui, faisant disparaître la figure romantique du gangster en le montrant de nouveau brutal et sans pitié, il ne parvient pas à donner de l’ampleur à cette histoire de famille et clôt son film de manière inattendue et inopportune. On l’aura connu plus inspiré pour rouvrir les plaies que bien d’autres cinéastes cherchent à panser.

4/10

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