Guerres de l’ombre: contre-terrorisme urbain

Guerres de l’ombre – Ringo Lam – Chine – 1990

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La CIA et la police de Hong Kong unissent leurs forces pour démanteler un réseau terroriste qui menace la diplomatie américaine en Asie.

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Ringo Lam, c’est la part violente du quatuor de l’âge d’or du polar HK. Et même dans ses films les plus mineurs, il ne peut s’empêcher d’accumuler les victimes collatérales, passant du nourrisson à peine baptisé à la femme coopérative servant d’exemple. Chez lui, le public doit être chamboulé et pour se faire, les innocents doivent payer le prix des agissements de chaque protagoniste. Une méthode nihiliste qui n’est pas sans rappeler celle de grands cinéastes japonais, mais qui varie par le refus de céder à l’esthétique pure. Ici, aucun ralenti ou artifices visuels ne laissera souffler le spectateur. Il sera transporté dans une spirale de violence crue et sans concession, spirale d’autant plus bouillonnante et tourbillonnante que la toile de fond de la Guerre froide se prête admirablement à l’exercice.

Guerres de l'ombre fusillade

Il faut noter que Guerres de l’ombre est une date importante dans le cinéma de Ringo Lam et du polar hong kongais car c’est l’un des premiers à faire entrer l’Amérique au cœur du script, bien avant la rétrocession de la Chine par l’empire britannique. Le deuxième point intéressant, c’est que malgré le fait indéniable qu’il s’agisse d’une carte de visite à destination des Etats-Unis, le film ne ressemble pas à de la pure commande et parvient à traiter efficacement de personnages étrangers, sans pour autant être dépréciatifs ou archétypaux. Lorsque je dis ça, je ne parle évidemment pas du bad guy, caricature au possible du grand méchant capitaliste colonialiste. D’ailleurs, ses motivations sont tellement floues qu’il est lui même incapable de les expliquer, se contentant de sourires figés et de rires machiavéliques pour appuyer son point de vue inexistant.

Guerres de l'ombre torture

La confrontation des deux nations, incarnées chacune par des flics loyaux et charismatiques, bien qu’impulsifs et incontrôlables, fonctionne plutôt bien. Derrière ses aspects de film d’espionnage international se cache en fait un buddy movie agressif et efficace, notamment dans la dualité des personnages et les scènes d’action les faisant interagir. Moins lyriques que John Woo, moins chorégraphiées que Tsui Hark, les fusillades de Ringo Lam rejoignent cette volonté d’accrocher rapidement le public et de tendre à un réalisme qui opère par la rapidité à laquelle les coups de feu sont définitifs. Pas de fioritures, juste un rythme ininterrompu jusqu’à ce que tous les assaillants tombent. Ce ballet incessant de violence sèche rappelle à l’esprit que l’on a affaire à un maître du polar HK.

Guerres de l'ombre flic

Florilège d’action faisant la part belle aux cascades survoltées et aux échanges de punchlines, Guerres de l’ombre en oublierait presque son pitch teinté d’espionnage, de sorte que l’introduction furieuse et sombre détonne énormément avec le reste du film, beaucoup plus axé sur le fun et la répartie des deux flics. Si ça reste un Lam en petite forme, économisant ses cartouches pour se payer son billet d’entrée au pays de l’oncle Sam, ça reste tout de même un défouloir divertissant qui mérite qu’on s’y arrête, ne serait-ce que pour la maestria de ses scènes d’actions.

8/10

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