Le continent des hommes poissons: Fisherman’s Friends !

Le continent des hommes poissons – Sergio Martino – Italie – 1979

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En 1891, après un naufrage dans la mer des Antilles, Claude le Ross, médecin de bord, arrive sur une île dirigée par un despote, Edmond Rackham. Claude est chargé de maintenir en vie un biologiste prisonnier, afin que Rackham puisse poursuivre sa chasse au trésor.

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Tourné dans la foulée de La montagne du Dieu cannibale et Le grand alligator, Le continent des hommes poissons est le second film de la trilogie d’aventures signée par Sergio Martino. Alors que le genre pullule dans les années 60/70, le film s’est taillé une petite réputation sulfureuse à l’aide de son affiche aguicheuse, mettant en évidence le charme poitrinaire de Barbara Bach et l’exotisme érotique qui entoure régulièrement le genre. Mais alors qu’elle laisse à penser que Martino va ignorer le scénario afin d’introduire des scènes de sexe pour attirer le chaland, comme le font ses compatriotes à la même époque, la surprise est grande de voir qu’il ne cède pas aux sirènes de la facilité et que l’affiche est strictement promotionnelle.

Le continent des hommes poissons final

Sorte de mélange formel entre les récits de Jules Verne (20.000 lieues sous les mers) et de H.G. Wells (L’île du Dr Moreau), le film surprend par son ton sérieux qui dénote complètement avec l’aspect nanar de l’affiche. Il se pose donc un problème de taille qui n’en aurait pas été un si le film avait joué dans cette dernier catégorie: le rythme. Alors qu’on assiste à un film d’aventure déjà bien boiteux, empruntant (pour ne pas dire pillant) en pagaille tout ce qui se fait de mieux dans le genre, les longs et vains dialogues se voient entrecoupés de scènes d’attaques mollassonnes, à la lenteur décuplée par les effets spéciaux dénués de toute beauté, bien qu’ils cherchent à imiter le style de La créature du lac noir. Les hommes poissons sont lents, hideux et leurs costumes leur donnent des mouvements désarticulés annihilant toute tension.

Le continent des hommes poissons servante

Martino, loin d’être un mauvais faiseur, tente de donner de l’ampleur à une intrigue bien maigre en utilisant au maximum les paysages magnifiques de la Sardaigne, délivrant des séquences exotiques non négligeables permettant d’accentuer le côté aventure, à défaut d’avoir un aspect horrifique réussi. Ricci et Galliano, tous deux responsables des effets spéciaux, font un travail bâclé, ne réussissant même pas à créer une maquette de la cité engloutie de l’Atlantide réussie. Si les acteurs tentent de donner le meilleur d’eux même, jusqu’à cabotiner au surjeu (Richard Johnson risible), c’est Barbara Bach qui tire la couverture à elle, rendant une prestation de femme soumise et mystérieuse, aidé en cela par son charme indémodable.

Le continent des hommes poissons expérience

Remonté par Roger Corman pour une exploitation aux Etats-Unis, le film subira une mutilation totale, du redialoguage des répliques à l’ajout de scènes gores, en passant par le remplacement de l’introduction par une autre, plus dans l’ère du temps. Même si Le continent des hommes poissons est loin d’être un monument d’efficacité, c’est un divertissement honnête qui ne se moque jamais de son public, offrant généreusement tout ce qu’il a à donner, même si ça peut paraître bien peu à première vue.

5,5/10

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