Bandit contre samouraïs: Robin des villes

Bandit contre samouraïs – Hideo Gosha – Japon – 1978

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Une force spéciale de la police impériale constituée de samouraïs est mise sur pied pour lutter contre le crime. Son ennemi n° 1 : Nizaemon Kumokiri, un bandit de grand chemin dont personne ne connaît la véritable identité, qui multiplie les cambriolages audacieux dans les demeures des riches commerçants.

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10 ans ont passé depuis la sortie de Puni par le ciel. Si cette période peut paraître longue pour un artiste, Gosha va tenter de prouver plusieurs choses avec Bandit contre samouraïs. D’une part, que le chambara, bien qu’il atteigne la fin de son règne, a encore des choses à dire. D’autre part, qu’après une si longue absence dans le genre, le temps ayant laissé d’autres cinéastes s’en emparer, le fourvoyer et le maltraiter, Hideo Gosha peut le faire renaître de ses cendres le temps d’un testament amoureux, aussi flamboyant que romantique. Par cette fresque monumentale (2h36 !), le cinéaste va mêler son sens de la dramaturgie à sa violence esthétique de la plus puissante des manières, livrant ainsi un film complexe et une oeuvre somme de tout son cinéma.

Bandit contre samouraïs duel

Malgré sa longue absence, Gosha renoue avec la figure du samouraï comme s’il ne l’avait jamais quittée. La mélancolie reste toujours le sentiment omniprésent chez ses personnages mais il va y ajouter la figure romantique. Si celle-ci était déjà bien présente dans son oeuvre, elle explose littéralement par le personnage incarné par Tatsuya Nakadai, lequel ajoute son visage fiévreux et son jeu rageur pour en faire un bandit de grande prestance. Car c’est bien Nizaemon Kumokiri qui est le centre de l’intrigue, celui autour duquel gravite tous les autres personnages comme autant de planètes plus ou moins proches. Et tel un système solaire, ils vont chacun suivre leur propres voies, allant d’un camp à l’autre au gré de l’argent, élément perturbateur obligatoire chez le cinéaste.

Bandit contre samouraïs femme

Si les nombreuses sous intrigues et personnages secondaires sont les bienvenues d’habitude, permettant toujours de donner de la profondeur au récit, ils ne se prêtent pas à l’exercice de la fresque étant donné que l’intrigue principale est déjà bien assez chargée en péripéties et acteurs. On met donc facilement une heure avant de relier tous les arcs narratifs entre eux et de se remémorer qui est qui et qui fait quoi. Cette peine est surmontable mais nuit gravement à la compréhension globale des enjeux, rattrapés in extremis par un résumé rapide du passé du bandit qui remet une nouvelle fois les cartes sur la table. Gosha nous a habitué à plus de maîtrise et en cherchant à vouloir être trop généreux, pousse l’entêtement au maximum.

Bandit contre samouraïs groupe

La femme prend une place plus importante dans l’histoire, jusqu’à être considérée comme l’égale de l’homme à de multiples occasions. Un traitement intéressant qui montre une certaine maturité chez l’artiste ainsi qu’une avancée dans son cinéma. Ayant épuisé toutes les bassesses de l’être humain masculin cupide, certaines de ses futurs fils œuvreront pour une égalité homme/femme mais en attendant, on se délecte de la justesse avec laquelle Gosha dépeint la fin des samouraïs et, à fortiori, la fin des longues fresques japonaises, la télévision ayant pris le pas sur le grand écran.

7/10

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