L’amour est un crime parfait: posez vos schizos !

L’amour est un crime parfait – Jean-Marie & Arnaud Larrieu – France – 2014

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Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue…

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Adaptation du roman Incidences de Philippe Djian, L’amour est un crime parfait se rêve en film noir, où la violence se mêle à la sensualité, où les répliques courtes répondent à des soupirs langoureux. Si le personnage de Marc sort tout droit de la littérature américaine, mélange improbable de dandy éduqué et de queutard insatiable, le reste de la galerie dressée par les frères Larrieu ne ressemble qu’à des esquisses, peinant à dépasser leur simple modèle et à exister dans l’intrigue. Mais après tout, étant donné que le film est avant tout concentré sur le rôle de Mathieu Amalric, ça n’est pas dommageable pour la qualité globale du film.

L'amour est un crime parfait Amalric

Toutes les femmes croisant le chemin de Marc pourront facilement être affublées d’une étiquette qui les caractérisent, chacune titillant un aspect différent de son caractère. Derrière l’aspect volage du personnage se cache une part d’ombre qui tend à transformer le déroulement de l’enquête (dont on connaît très vite l’issue) pour aller vers quelque chose d’autre, une introspection faite de silences et de regards mystérieux. Tous ces trajets en voiture, ces cigarettes fumées, ces phrases douteuses échangées avec sa sœur, se chargent de dessiner l’univers trouble du professeur esthète.

L'amour est un crime parfait jupes

Si Amalric bouffe littéralement l’écran par sa présence semi-animale, les cinéastes lui faisant endosser le loup des montagnes comme animal totem, Karin Viard et Maiwenn tirent pourtant leur épingle du jeu érotique qui, s’il est plaisant d’être joué à deux, peut accueillir en son sein d’autres tentatrices. C’est dans cette quête effrénée du plaisir charnel que Marc va se perdre, cherchant un lieu de repos inconscient pour s’éviter le burn-out de l’homme qui multiplie les frasques sexuelles. Dissimulé derrière un film policier, c’est bien la quête identitaire d’un écrivain raté que l’on suit, l’inspecteur n’apparaissant que pour nous rappeler, à nous et à Marc, que d’autres sanctions plus graves que d’être accusé de coureur de jupons trônent au dessus de sa tête.

6/10

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