Freejack: plug & play !

Freejack – Geoff Murphy – Etats-Unis – 1992

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Alex est un pilote de course. Victime d’un accident, il se réveille en 2009. Sa ville est devenue une jungle où seuls survivent les hommes d’affaires. Grâce à la technologie, il est désormais possible de transférer un esprit dans un autre corps. Et Alex est poursuivi par un tueur pour servir de récepteur…

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La science-fiction est certainement le genre qui a vu naître le plus de films bâtardisés, coincés entre deux genres sont jamais en exploiter un entièrement. Freejack fait partie de ceux là. Cette dystopie cyberpunk ne va jamais au bout de son concept. Soit l’alliance de l’homme et de la machine est survolée (alors qu’il s’agit tout de même du point de départ du scénario), soit le côté social désespéré est abandonné rapidement au profit de l’action. Deux erreurs que n’ont pas faites L’Âge de cristal ou Blade Runner dont Freejack cherche à revendiquer la paternité à chaque instant. Même Total Recall qui adoptait un ton clairement bourrin était plus malin dans la façon de dépeindre son univers. Car c’est tout de même lui qui est censé conditionner les agissements des personnages. Et Dieu sait que je n’ai rien compris à leurs motivations…

Freejack rançon

Il faut dire que Geoff Murphy (le papa de Young Guns 2, ça donne le ton) est loin d’être habile de ses mains. Si certains plans font penser au film noir, les effets spéciaux en surabondance tout droit sortis des pires jeux de la Playstation ne sont pas en sa faveur. Faute de budget, il cloue ses personnages au sol dans des voitures au look improbable, sauvant la mise grâce à une scène de poursuite plutôt bien rodée. Derrière cette idée se cache trois co-scénaristes aux curriculum vitae plutôt agréable (Alien, Total Recall,…) mais dont la vision beaucoup trop ambitieuse sera plombée par l’envie de divertissement du réalisateur, engageant pour l’occasion les acteurs les moins charismatiques de l’époque. Si l’adaptation de la nouvelle Immortality, inc. de Robert Scheckley est un échec cuisant, il est toujours intéressant d’observer de quelle manière était imaginé le futur en l’observant 20 ans en arrière.

Freejack voiture

Côté casting, nous avons donc l’habituel Emilio Estevez qui a décidé d’enterrer sa carrière main dans la main avec le cinéaste. Un très gros effort est demandé au spectateur pour imaginer la paranoïa et la détresse du personnage principal étant donné sa prestation unique (il fait la même tête que sur l’affiche pendant 1h45). Pour lui mettre des bâtons dans les roues, le choix s’est porté sur Mick Jagger qui, avouons-le, a clairement une tronche de bad guy (si, si !). Même Anthony Hopkins et Jonathan Banks se demandent pourquoi ils ont signé, Hopkins révélant même lors d’une interview que pour incarner son personnage, il suffisait qu’il s’imagine en train de fumer un cigare. C’est dire la pression mise sur leurs épaules pour donner le meilleur d’eux mêmes… En somme, un ratage sur toutes les largeurs accompagné d’une bande originale 90’s incapable de transporter son public dans un univers futuriste. Un film à conseiller aux fans de Johnny Mnemonic.

4/10

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