Le client: Schumacher a le barreau !

Le client – Joel Schumacher –  Etats-Unis – 1994

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Le jeune Mark Sway est témoin du suicide d’un avocat véreux qui se confesse à lui avant de mourir. Mark est alors autant courtisé par la police que par les mafiosi. Il refuse de parler mais, conscient du danger qu’il court, il se décide cependant à engager une avocate, Reggie Love, qui accepte de le défendre pour un dollar symbolique.

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Quand on pense Grisham + Schumacher, on a tout de suite en tête Le droit de tuer car il y pose une question fondamentale qui fait écho au second amendement de la constitution américaine. Mais bien qu’il s’agisse du premier roman de l’écrivain, c’est la deuxième fois que le cinéaste l’adapte. A cette époque, Schumacher sort tout doucement de l’ombre et fait parler de lui avec Chute libre, film culte s’il en est. Face à l’étalage de violence et d’acharnement à défendre ses droits dont faisait preuve Michael Douglas, il faut donc passer par une case un peu plus neutre, tout en conservant cette volonté de mêler thriller et justice. Grisham est donc tout indiqué et c’est rapidement que se met en branle le projet d’adaptation, le film voyant le jour en salles moins d’un an après la publication du roman.

Le client interrogatoire

Le fait d’avoir un personnage principal âgé de 11 ans oblige Schumacher à canaliser la violence et livrer un film tout public, excluant dès le départ la possibilité d’une fin macabre. Pourtant, la scène introduisant l’intrigue est litigieuse, le personnage de l’avocat véreux jonglant avec l’infanticide. Mais elle est désamorcée d’une part pour faire avancer l’intrigue et d’autre part, pour la concentrer sur l’enfant plutôt que sur la répercussion du suicide. On comprendra donc aisément pourquoi, en terme de box office, Le client passera derrière Le droit de tuer, les Américains étant friands de loi du talion et d’auto-défense. Dommage car Grisham avait là un terreau fertile qui aurait pu directement le faire entrer comme un digne successeur des grands écrivains américains. Mais on peut aisément comprendre que Schumacher n’aurait pas choisi d’emprunter cette voie si cela avait été le cas, une image artistique étant rapidement esquissée.

Le client début

Cependant, Grisham il reste très proche du projet et va jusqu’à mettre son grain de sel dans le casting, soumettant la condition obligatoire de choisir un acteur inconnu originaire de l’état dans lequel se situe l’action, renvoyant ainsi Macaulay Culkin. L’identification au jeune garçon devient donc plus facile et on lui pardonne plus rapidement son manque de charisme. Derrière le travail d’adaptation, on sent la fibre Robert Getchell, le scénariste derrière Alice n’est plus ici et Blessures secrètes. Grâce à son travail, le film parvient à être tout aussi intéressant, voire plus, sur le plan émotionnel que juridique. La mère de substitution que représente Susan Sarandon devient au fur et à mesure le pilier de l’histoire, renvoyant le personnage de Tommy Lee Jones à un simple rival sans saveur.

Le client prison

Malgré toutes ces notes d’intentions positives, le film reste mollasson, la faute à un rythme peu trépidant et à la mauvaise exploitation des mafiosi qui, bien que superbement représentés par Anthony LaPaglia et Kim Coates, ne sont réduits qu’à de vulgaires débiles désorganisés ne parvenant pas à venir à bout d’un enfant d’école primaire. Quand on voit le résultat, on comprend le choix initial de l’acteur de Maman, j’ai raté l’avion

4,5/10

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